Manue et le yeti

Le poete chinois

14:03, 22/01/2013 .. Publié dans Pensées du jour .. 0 commentaires .. Lien

"On n'en finit pas de se cramponner à ce qui nous est cher et l'on croit que c'est de la fidélité, alors que c'est simplement de la paresse." Hermann Hesse dans Le poète chinois.

animaux

Un matin, un réveil. Dehors, le ciel est gris de lait, encadre par les fenêtres, comme une peinture faisant partie des murs blancs. Si je me lève et regarde par la fenêtre, au loin, des tours forment l'horizon en petits carrés bien arrangés. Un stade donne la seule touche de couleur avec un vert parfaitement uniforme. Tout est calme, bien ordonné, donnant une impression individuelle de petitesse et de rien du tout.

Nous sommes en décembre. C'est un hiver à Paris, gris et uniforme. Avec mon café du matin, je finis une histoire d'Hermann Hesse dans un recueil nomme "le poète chinois". Chaque phrase me remplit de bonheur, de chaleur, de cette impression de ne pas être seule dans ma solitude. Parfois, tournant les pages je me dis même que moi aussi, je voudrais étaler mon esprit sur une page, pour pouvoir le partager avec d'autres, et avec un peu de chance donner autant de plaisir que ces lignes me procurent a moi-même. Un jour peut être, je prendrais le temps d'écrire, de partager. Un jour peut être. Ce ne sont ni les pensées qui me manquent, ni le désir d'écrire, ni même une incapacité à partager qui me retient de prendre le temps d'allonger ces lignes. Non, c'est le temps lui-même qui me retient. Tellement de choses à voir, à vivre, à sentir. Tellement de coins perdus du monde à découvrir, de cocotier sous lesquels regarder les nuages passer dans le ciel bleu. Tellement de moussons à vivre, écoutant les gouttes unes à unes, regardant les reflets de la vie dans des flaques d'eau boueuses.
En fait, c'est la vie elle-même qui me retient d'écrire, cette vie à qui j'aime offrir le temps de vivre, lentement, surement, au grès des saisons et des périodes de la vie. Il y a tous ces chemins à marcher, tous ces visages à découvrir, tous ces amours à vivre. Et puis il y a les livres.

Manue photo

Tellement de livres et de beauté déjà étalée sur des pages blanches devenues sublimes grace à quelques griffonnages de quelques lignes écrient par des mains tentant d'exprimer ce trop-plein de vie ressentie par les coeurs sensibles. Chaque livre comme un nouveau trésor, je lis, marchant a travers les univers intérieurs d'un passe-present-futur offert par des écrivains ayant pris le temps de transcrire leurs mondes. Il y a tellement de beaux livres et de lignes à suivrent, que parfois je me dis que j'aurais voulu juste être une lectrice. J'aurais voulu juste lire, et donner le respect à ces artistes qui ont pris le temps de nous offrir de si beaux tableaux. Je me dis que la terre pourrait arrêter de produire des livres demain, et il y aurait suffisamment à lire pour plusieurs générations à venir. Les textes du monde étant maintenant innombrables, des vieilles religions aux philosophes modernes, aux sciences-fictions les plus folles, à des manuels de réparation et de ceci et cela, aux journaux intimes et autres magazines, tout est déjà sur papier.


"J'aimerais m'assoir sous un arbre et juste vivre tranquille à ses cotés" je disait il y a de cela des années à un ami qui me répondie: "assis toi sous l'arbre, aprés un moment tu voudras lui écrire un poeme."

Peut-être mon ami avait-il raison. Et peut-être qu'un jour je prendrais réellement la plume pour écrire un poème à ces arbres que j'ai aimée et qui m'ont aimé en retour.
En attendant, je continue de regarder les jours passer, de les vivre un à un, chaque jour un nouveau délice à savourer où à endurer, selon l'humeur du jour. Entre tristesse mélancolique et joies enivrantes, je navigue, sans but précis ni destination claire. Je suis ou je me trouve, sans regret ni espoir. Je suis mon chemin, et cela me suffit amplement.

Panam night


Aujourd'hui je me réveille dans cette tour au-dessus de Paris. Les cocotiers et le ciel bleu semblé être un lointain souvenir remplacent par la Tour Eiffel, et d'autres tours faites de petites carres parfaitement découpes. Comme si je passais d'un rêve a un autre, les jours eux, aussi insouciants qu'un enfant, continuent de defiler, d'un coucher de soleil a un nouveau matin. Une autre tasse de café pour la route, je me prépare pour un autre jour, le même qu'hier, le même que demain, juste différents. Dehors, le métro passe dans son brouhaha métallique, Paris Paris que tu me sembles gris quand ton ciel n'est pas bleu....


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